08 Juil 2012

Shinedown: Entrevue vidéo avec Brent et Barry à Montréal (2012)

TRADUCTION FRANÇAISE EN BAS DE LA VIDÉO:

Vidéo et montage: Patryk Pigeon
Entrevue: Sophie LeMay

Salut tout le monde! Ici Brent et Barry, de Shinedown. Vous êtes sur le MusikUniverse.net.

Musik Universe – Shinedown est en tournée pour promouvoir le nouvel album Amaryllis. Durant la dernière tournée de The Sound of Madness, vous êtes uniquement venus à Québec pour un spectacle acoustique privé, donc la seule façon pour nous de voir votre vrai gros concert, c’était sur Somewhere in the Stratosphere. C’était très théâtral, avec des accessoires et des costumes. Pour Amaryllis, vous êtes revenus à la base d’un vrai bon show rock. Pourquoi ce changement?

Barry Kerch – Durant la production d’Amaryllis, les membres du groupe se sont réinventés. Nous nous sommes mis en forme, sommes devenus plus heureux. Nous avons décidé que nous ne voulions plus nous couvrir avec ces costumes et ces accessoires. La tournée s’appelait Carnival of Madness Tour et avait donc un thème carnavalesque. C’est ce que nous voulions à l’époque. Cette fois, nous avons préféré nous mettre de l’avant, les quatre membres du groupe jouant ensemble, s’amusant et interagissant avec la foule – ce que nous n’avions pas fait depuis longtemps. Je ne dis pas que nous n’avions pas de plaisir avant, mais cette nouvelle approche a créé un tout nouveau sentiment d’appartenance familiale entre nous quatre. Et nous voulions que les fans puissent le voir.

MU – Il y a trois aspects de votre prestation live que je trouve particulièrement extraordinaires : votre énergie, les excellentes harmonies vocales et le plaisir que vous semblez avoir à jouer ensemble. Avez-vous une recette secrète – une recette de Barry, peut-être? Je sais que tu es un bon cuisinier!

Barry – Je crois que la communication est le secret. Nous passons encore du temps ensemble, nous discutons ensemble, nous mangeons ensemble et nous aimons être ensemble. Malheureusement, beaucoup de groupes ne peuvent pas en dire autant. Nous avons véritablement du plaisir, nous sommes vrais sur scène. Ce n’est pas un jeu que nous jouons. J’ai un des meilleurs chanteurs au monde dans mon groupe, un guitariste et un bassiste parmi les meilleurs aussi – oui, c’est de ce gars-là dont je parle! Je suis chanceux de pouvoir jouer avec des musiciens aussi talentueux et de pouvoir jouer des chansons que nous aimons et que nous avons envie de jouer. Qu’en penses-tu, Brent?

Brent Smith – Tu as pratiquement tout dit. Je crois que c’est aussi grâce à notre humilité. Nous ne nous enflons pas la tête avec la situation. Nous travaillons très fort, et nous aimons ça. Nous nous considérons comme assez fonceurs lorsqu’il est question de faire un album et de jouer en concert. Nous essayons toujours de surpasser ce que nous avons fait avant; je dis toujours ça, mais c’est vrai. Nous ne faisons jamais le même album deux fois et nous ne voulons pas donner le même genre de prestation pour chaque cycle d’album, lorsque nous allons le présenter au monde. Uniquement pour Amaryllis, il s’agit de la première fois en dix ans – ou même plus – où nous avons pu lancer un album à l’échelle internationale simultanément. Je crois qu’il est sorti dans 27 pays en deux semaines. Et son lancement se poursuit dans d’autres pays.

Je pense que nous ne serons jamais pleinement satisfaits. Nous voulons que le groupe continue de grossir et que le monde entier nous connaisse. En ce qui concerne notre camaraderie, nous faisons preuve d’un véritable respect mutuel. Parce que, crois-moi, nous avons vécu des situations vraiment tendues. Mais nous nous parlons. Nous n’avons pas besoin d’un psychologue ou d’un psychiatre pour nous dire ce qui est problématique ou pas. Nous sommes ensemble 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Au sein des groupes en tournée comme nous, qui font autant de spectacles durant un cycle, si les membres ne se parlent pas, les problèmes de communication seront inévitables. La situation finira par éclater et tout le monde rentrera à la maison. Pour nous, ce n’est pas une option.

MU – J’ai une question pour Brent. J’espère qu’elle n’est pas trop personnelle.

Brent – Non, tu peux me demander n’importe quoi!

Attends, tu n’as pas étudié tes questions! Regardez ça! Tu es censée les connaître par cœur! Je t’agace! Continue, désolé!

MU – On appelle ça une béquille, c’est juste pour m’aider! Donc, entre The Sound of Madness et Amaryllis, on voit que tu as perdu du poids. Tu sembles être en excellente forme en ce moment. Je ne dis pas que ce n’était pas le cas avant...

Brent – J’ai chaud parce que je viens justement de terminer mon entraînement!

MU – Et Barry a dit plus tôt que vous aviez mieux pris soin de vous. Pourrais-tu nous parler de ce qui s’est passé durant cette période?

Brent – En juillet l’année dernière, à cette même période, j’avais atteint environ 222 lb. Je mesure 5 pi 7 po, 5 pi 8 po – vous pouvez faire le calcul. Je suis tombé très malade. J’étais toujours fatigué et je n’avais plus d’énergie. Nous étions en train d’écrire l’album. Je buvais beaucoup trop d’alcool. Je faisais exprès pour tomber dans un mini coma éthylique chaque soir pour m’endormir et oublier ma journée. Ça ne fonctionnait pas. Mais en même temps, j’étais incroyablement fier des chansons que nous étions en train d’écrire. Les séances et l’écriture ensemble, tout le travail pour préparer l’album, ça, c’était fantastique. Ce sont toutes les choses qui se passaient en coulisse qui me rongeaient. J’ai décidé que c’était assez. C’est très différent quand tu décides de changer ton mode de vie au complet. J’ai arrêté de boire et j’ai commencé à me lever à 8 h le matin pour aller au gym. J’ai trouvé un entraîneur qui m’a montré comment bien m’entraîner et bien manger. J’ai perdu 60 lb.

MU – Félicitations!

Brent – Merci.

MU – Poursuivons avec les questions personnelles. Votre confrère Eric a écrit sur Twitter que vous avez profité d’une journée de congé hier à Montréal. Avez-vous fait quelque chose de spécial ou avez-vous simplement profité de votre temps libre?

Barry – Nos journées de congé sont très rares. Nous avons été sur la route hier, et nous sommes arrivés à l’hôtel vers 13 h ou 14 h. Nous nous sommes promenés au centre-ville et avons mangé dans un charmant petit restaurant, dont j’ai oublié le nom. Il y avait une belle terrasse, et Eric et moi avons passé la journée à boire, du vin dans son cas et de la bière pour moi. Des gens se promenaient et tout le monde profitait du beau temps. Je n’ai pas fait grand-chose. Personnellement, j’accorde beaucoup d’importance à mes journées de congé, parce qu’on travaille tellement fort toute la semaine. J’en profite pour simplement relaxer. J’aimerais faire du tourisme et plein de choses, mais ça ne serait pas vraiment un congé. Je vais à ma chambre d’hôtel, je prends une douche, je mange un bon repas et je me couche. Il faisait tellement beau ici hier! Et il y avait de très belles personnes – certainement parmi les plus belles que j’ai vues dans ma vie!

Brent – Jouer dur et… jouer dur! Lorsqu’on a la chance d’avoir une journée de congé, il faut en profiter. Il a raison. C’est ce que j’essaye de dire depuis des années : Journée de congé! Allons visiter ça et ça! NON! On se repose! On relaxe!

MU – Revenons sur Amaryllis. Votre premier simple s’intitule Bully.

Brent – Comment dirait-on ça en français? Est-ce que ça reste « Bully »?

MU – « Bully »? Il n’existe pas vraiment de mot pour la personne en tant que telle, mais plutôt pour la situation. On parle d’intimidation.

Brent – OK, j’étais curieux. Ça ne se chanterait pas de la même façon!

MU – C’est un peu plus long! Le français est toujours un peu plus long. Donc, est-ce que vous-mêmes ou quelqu’un que vous connaissez avez déjà été victimes ou témoins d’intimidation?

Barry – Oui, je crois que ça nous est tous arrivé d’en être témoin ou victime à un moment ou à une autre. Je me souviens l’avoir vécu à l’école primaire, mais pas dans une mesure qui a eu des conséquences négatives sur moi. Au primaire, j’étais petit – et je le suis toujours –, je pesais environ 90 ou 100 lb et j’avais des lunettes et des broches. J’étais un nerd! Alors oui, tu te fais bousculer un peu. Mais la beauté de la chanson, c’est le message qu’elle véhicule : il faut se tenir debout, ne pas laisser de telles situations se produire et se respecter soi-même, en quelque sorte. Je crois que c’est vraiment important. Les gens se font intimider à l’âge adulte aussi, ce n’est pas juste les enfants. Ce comportement existe depuis la nuit des temps et continuera toujours d’exister. Les humains sont parfois très durs. Le message porte sur l’importance de développer un sentiment de fierté personnelle, selon moi.

Brent – Il a tout dit!

MU – Le thème principal de l’album semble justement être l’importance de se tenir debout pour soi-même et pour les autres. Pourquoi ne pas l’avoir intitulé Unity, par exemple? Vous avez choisi le titre Amaryllis. Que représente cette fleur?

Brent – Il existe de nombreuses façons différentes de découvrir cette fleur. Elle pousse dans le désert, et au moment de l’année où elle pousse, il n’y a aucune autre végétation autour, rien d’autre qui puisse survivre. Mais elle, elle croît et produit une superbe floraison avec des couleurs éclatantes. Le symbolisme est donc le suivant : il faut s’élever au-dessus de l’adversité et montrer sa vraie couleur au monde. C’est vraiment de ça dont il est question, surmonter l’adversité et affronter les questions et les situations difficiles qui se présenteront dans notre vie. Nous n’avons jamais caché que nous considérons la vie comme un cadeau. Oui, le monde peut être chaotique, cruel, difficile et injuste, mais en même temps, chacun est responsable de sa propre destinée. Habituellement, la première personne que l’on voit le matin en se levant est soi-même, lorsqu’on se regarde dans le miroir. Il faut alors se promettre de prendre le contrôle de sa vie et de s’efforcer de faire bouger les choses. Il faut prendre soin de sa famille, de ses amis, des gens qui sont importants pour soi, mais il faut avant tout prendre soin de soi. Parce qu’il est impossible de rendre les autres heureux si l’on n’est pas heureux soi-même. Nous avons toujours fonctionné selon cette philosophie. La vie est vraiment courte, en fait. Quand on y pense, même si quelqu’un vit 100 ans, ce n’est vraiment pas beaucoup, considérant que le monde existe depuis des millions d’années! Ce temps est très précieux. Nous devons en tirer le maximum et faire en sorte que notre existence soit significative. C’est d’ailleurs pour ça que nous sommes ici. Nous avons beaucoup à dire, et nous continuerons de faire passer notre message tant que les gens voudront bien nous écouter.

MU – Le dessin sur la pochette de votre album, que voici, est superbe et très détaillé. J’ai la version vinyle ici parce qu’on le voit mieux. Pouvez-vous nous en parler un peu?

Brent – Oui. La pochette de The Sound of Madness était très simple, mais très représentative à la fois. Pour cet album, nous n’avions pas besoin d’en dire plus. Et tout le monde nous posait des questions sur les corbeaux. La pochette est blanche, avec seulement quatre corbeaux. C’est très intéressant, parce que dans le royaume animal, les corbeaux sont ceux qui survolent et qui surveillent tout le monde. C’était le symbolisme que nous recherchions pour cet album, pour nous. Cette pochette est totalement différente. Je l’ai déjà dit, mais je le répète : nous ne voulions pas faire deux fois le même album ni la même pochette. Le cercle vient du Mandala, et représente l’idée de l’atteinte de l’illumination. Ici, il y a le symbole « Sd », qui forme en fait la serrure de la porte menant vers l’univers de Shinedown et la découverte de qui nous sommes. Tout ce qui est à l’intérieur ici représente l’une ou l’autre des chansons de l’album. Ici, les bâtons de baseball font référence à Bully. Et si on regarde de près ici, on voit des avions en papier qui se rapportent à la chanson I’m Not Alright. Et ça continue. Il faut s’immerger dans chaque chanson pour découvrir ce que chaque élément signifie, chaque sujet qui est représenté ici. Et bien sûr, il y a les amaryllis tout autour, et les poignées de main qui symbolisent l’unité. Alors oui, nous voulions créer une pochette plus profonde et stimulante, et revenir à l’époque où les albums étaient des albums et où les pochettes étaient pratiquement aussi importantes que les chansons. Nous avons également fait un livre électronique intitulé For Your Sake, qui peut être téléchargé sur iBooks. Il décrit encore plus en profondeur ce que les membres du groupe faisaient durant le processus de création de l’album. Il est tout à fait unique, car c’est un livre électronique entièrement interactif.

MU – Jusqu’à maintenant, vous avez sorti deux simples pour le nouvel album – un en mars et un en mai. Peut-on s’attendre à un troisième bientôt?

Barry – Je ne sais pas! Sûrement! C’est certain que nous allons en faire d’autres. Mais nous n’avons pas encore déterminé de date ni choisi quel sera le prochain simple, ni au Canada ni aux États-Unis. Nous venons de tourner un vidéoclip pour la chanson Enemies qui va sortir au Royaume-Uni, où l’ordre de lancement des simples n’est pas tout à fait le même. Il se peut très bien que ça sorte ici aussi. Je n’en ai aucune idée!

Brent – Toutes nos chansons sont des campagnes! Pour le dernier album, The Sound of Madness, le cycle complet a duré 2 ans et 7 mois. C’est 31 mois! Nous n’avons pas l’habitude de faire les choses en vitesse et d’en avoir terminé avec un album après six mois. Il y a beaucoup à faire et beaucoup de pays à visiter. C’est la première fois que nous sommes de retour au Canada depuis… beaucoup trop longtemps! Nous voulons nous assurer – nous espérons pouvoir revenir ici cette année et peut-être faire encore quelques spectacles. L’année prochaine, nous voulons revenir au Canada et couvrir une plus grande partie du pays. Nous n’avons pas peur du climat et le froid ne nous dérange pas! Nous allons sortir le plus grand nombre de simples possible, mais il faut établir une stratégie pour chacun. Il s’agit chaque fois d’une campagne. Par exemple, uniquement pour la chanson Second Chance il y a quelques années, on parle d’une campagne qui a duré six mois aux États-Unis, où elle a été lancée sur cinq supports différents! Elle a aussi été lancée ailleurs dans le monde. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, et c’est aussi ce que nous essayons de faire en ce moment avec Unity. Mais il y aura un troisième simple, un quatrième, un cinquième, un sixième… peut-être même un septième! On va peut-être sortir l’album au complet en simples! Pourquoi pas! C’est comme ça que je le vois!

MU – Quels sont les plans d’avenir pour Shinedown en ce moment? Mises à part les tournées et les campagnes…

Barry – Pour l’instant, les tournées sont notre priorité. Nous avons une grosse tournée estivale qui s’en vient, le Uproar Festival, avec nos amis de Godsmack, de Staind, de Paparoach, de Adelitas Way, de POD, plusieurs excellents groupes. Ça devrait durer un bon mois. Ensuite, nous retournerons en Europe, en octobre et en novembre, puis nous reviendrons et ferons probablement de nombreux spectacles seuls. Nous espérons être de retour au Canada en novembre ou en décembre, pour des spectacles de Noël. Et nous recommencerons la même chose l’année prochaine. Nous ne prévoyons pas rentrer à la maison avant un bon moment. Nous avons beaucoup de travail à faire, non seulement pour promouvoir notre nouvel album mais aussi pour promouvoir le groupe et continuer de gagner des sous. Nous avons des enfants, et une hypothèque à payer comme tout le monde. Pour y arriver, nous devons travailler! Alors nous allons continuer de travailler!

Brent – Nous ne sommes pas prêts à avoir des passe-temps.

Barry – Je ne peux pas imaginer prendre ma retraite. Ce serait horrible!

MU – Pour terminer, avez-vous un message pour vos fans du Québec?

Barry – Merci!

Brent – En mon nom et au nom de Barry, nous sommes désolés d’avoir attendu trois ans avant de revenir vous voir! Et pour Montréal, où nous sommes présentement, je crois que ça fait environ six ans! Est-ce que j’ai raison? Pour ceux qui ne peuvent pas voir à qui je parle, allez, viens te montrer devant la caméra!

MU – Vous étiez ici la veille du spectacle de Québec. Vous étiez en première partie de Nickelback au Centre Bell.

Brent – C’est vrai. J’avais oublié cette petite tournée avec Nickelback ici.

Barry – C’était si rapide, je m’en souviens à peine

Brent – Nous avons bu une quantité incroyable de vodka durant cette tournée et, pour être franc, je ne me souviens plus de grand-chose! Donc, oui, merci beaucoup à nos fans! Votre soutien, votre amour, votre respect sont très importants pour nous. Nous sommes conscients que nous ne sommes pas venus ici aussi souvent que nous l’aurions voulu. Nous allons tout faire pour changer ça et venir vous voir plus souvent. C’est justement pourquoi nous sommes là aujourd’hui. Nous comptons sur votre soutien, et nous continuerons de livrer la marchandise et de revenir vous voir. Nous l’apprécions beaucoup. Merci pour tout votre amour et votre respect. On se voit très bientôt!

Barry – Je n’aurais pas pu mieux dire!

MU – Merci beaucoup et bon concert ce soir!

Barry et Brent – Merci!

Lu 4084 fois Dernière modification le jeudi, 05 juin 2014 22:44
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